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Abane Ramdane sans tombe !

Publié le 07/02/2016, par dans Non classé.

Cinquante-neuf ans après son assassinat au Maroc, l’architecte de la Révolution algérienne, Abane Ramdane, n’a toujours pas de tombe, a déploré son neveu Belaïd, lors d’une conférence-débat organisée, hier, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou par les éditions Koukou et l’établissement Emev. « Nous n’avons pas trouvé la moindre trace de sa dépouille.

En 1984, le défunt président de la République, Chadli Bendjedid, avait dépêché une mission à Tétouan pour retrouver des indices sur ses ossements auprès de gens proches du lieu où se sont déroulés les événements, mais sans résultat.

Pour cela, la famille Abane a décidé d’organiser une cérémonie nationale de deuil définitif dans une atmosphère de recueillement et d’apaisement. Elle aura lieu le 20 août 2016, à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du Congrès de la Soummam», a déclaré le professeur Abane Belaid, lors de cette rencontre littéraire qui a été suivie d’une vente-dédicace de son dernier livre, Nuages sur la Révolution, Abane au cœur de la tempête.

« Il n’a y a aucune question taboue et il n’y a rien à cacher. Tout doit être dit et tout peut être dit aujourd’hui sur Abane», a ajouté l’auteur, en retraçant la vie et le parcours révolutionnaire de ce chef historique. « Il a contribué au déclenchement de la Guerre de Libération nationale, il a pris des décisions, fait des nominations. Il l’a fait pour le bien de la Révolution.

Abane Ramdane répétait toujours autour de lui, à sa famille, qu’il était en dessous de la Révolution. Il n’était pas un ange ni un démon, comme certains ont voulu le présenter. Sa face positive est plus développée sur la négative. Par négative, je veux dire son caractère difficile, rigoureux, parfois pour un rien, un mot, un café, une idée quelconque, etc.» Pour le conférencier, le principal organisateur du Congrès de la Soummam était « un homme neuf qui savait ce qui se passait mais insistait sur la nécessité d’unir les rangs pour faire la Révolution».

Il poursuit son témoignage : « Abane avait un seul credo : ne rien laisser à la France, ramasser tout le monde contre le bloc colonial. C’est le seul dirigeant révolutionnaire qui a eu la haute main sur les questions d’ordre national et international. Il a impulsé le syndicalisme, réuni tout le monde autour de la même cause — l’indépendance par les armes —, fait les nominations à Paris, au Caire et au Maroc. Abane était tout le temps sur la brèche. Il s’était mis en danger. Il avait le défaut de ses qualités. Il était d’une éthique et d’une conduite morale irréprochables, direct et sincère. Dans le Mouvement national, à chaque fois que quelqu’un émerge, cela pose des problèmes…»

Dans son exposé, le professeur Abane Belaid est revenu également sur la problématique identitaire berbère depuis les années 1930, le conflit tragique FLN-MNA qui a fait beaucoup de morts et que les messalistes voulaient endosser à Abane, dit-il.

La relation Abane-Krim Belkacem ? « Elles n’ont jamais été bonnes dès le départ alors qu’ils étaient prédestinés à s’entendre de par leurs caractère et itinéraire. J’ai essayé d’expliquer tout cela dans mon livre. Il y a lieu de préciser que la rupture était consommée au retour du Congrès de la Soummam.» L’auteur conclut : « 430 pages pour un livre, c’est assez volumineux, mais il y a encore des choses à dire. Je fais un travail de recherche, pas de glorification.»
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