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Bouchouareb : La justice va-t-elle enquêter ?

Publié le 05/04/2016, par dans Non classé.

L’enquête de Panama Papers révèle que Abdessalem Bouchouareb a dissimulé une fortune colossale dans des comptes offshores créés en 2015, par le cabinet Mossack Fonseca, au Panama, au nom de la société Royal Arrival Corp, servant pour des activités commerciales en Turquie, au Royaume-Uni et en Algérie.
Sur les 11,5 millions de fichiers du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la domiciliation de sociétés offshores, de nombreuses personnalités algériennes sont éclaboussées. Le premier nom cité est celui de Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines. Celui-là même qui a, il y a quelque temps, accusé l’homme d’affaires Issad Rebrab d’avoir fraudé le fisc algérien. L’enquête de Panama Papers révèle que Bouchouareb a dissimulé une fortune colossale dans des comptes offshores créés en 2015 par le cabinet Mossack Fonseca au Panama, au nom de la société Royal Arrival Corp, servant pour des activités commerciales en Turquie, au Royaume-Uni et en Algérie.

Les enquêteurs expliquent qu’ils ont contacté le cabinet financier luxembourgeois qui leur a confirmé que le ministre était propriétaire de la société, précisant cependant qu’elle avait été « constituée en toute transparence pour détenir et gérer des biens hérités. En raison des fonctions ministérielles de Abdessalem Bouchouareb, nous avons décidé, avec son accord, de différer toute utilisation de la société et l’ouverture du compte bancaire chez NBAD Genève n’a jamais été finalisée (…). M. Bouchouareb nous a demandé de geler cette société pendant la durée de ses mandats publics».

Vraisemblablement, le cabinet d’avocats panaméen avait des soupçons quant à la fortune de Bouchouareb en raison de son implication dans l’affaire Khalifa, mais surtout du fait qu’il soit considéré comme une personnalité politiquement exposée. « Le cabinet panaméen Mossack Fonseca a douté, dès le départ, de la provenance des fonds de M. Bouchouareb, qui apparaît dans l’affaire Khalifa. C’est l’agent français Guy Feite qui est intervenu pour rassurer les Panaméens et les convaincre de continuer à gérer les actifs financiers du dirigeant algérien.» Contacté par les journalistes, l’agent Feite, « mis en examen dans les années 1980 à Metz puis incarcéré pour une vaste escroquerie de petits porteurs, a expliqué que ‘le ministre algérien s’est constitué un patrimoine en étant industriel’ et qu »il n’a pas besoin de la politique pour vivre’».

Les révélations du consortium de journalistes lèvent le voile sur la société de Bouchouareb, Royal Arrival Corp, chargée de « la gestion d’un portefeuille de valeurs immobilières détenu actuellement à titre personnel (…). Ce portefeuille, d’un montant de 700 000 euros, est cantonné depuis ses prises de fonctions politiques et a été transféré de la Banque internationale à Luxembourg (BIL) vers la National Bank of Abu Dhabi (NBAD) à Genève, dont la filiale suisse est spécialisée dans la gestion de fortune, le financement du négoce et l’obtention de contrats dans les travaux publics, ferroviaires et maritimes en Turquie, en Grande-Bretagne et en Algérie».

Comment un ministre de la République peut-il transférer autant d’argent alors que la réglementation algérienne l’interdit ? Où a-t-il obtenu tous ces fonds ? Des questions qui méritent réponse, d’autant que ce même ministre avait suscité la polémique en accusant l’homme d’affaires algérien Issad Rebrab de frauder.

Les révélations de Panama Papers doivent susciter la réaction des autorités du pays, en particulier la justice. Il est important de rappeler que le nom de Abdessalem Bouchouareb a déjà été cité dans l’affaire El Khalifa Bank pour avoir obtenu un prêt de 140 millions de dinars pour financer son usine de chips familiale, Flocon d’or ; un prêt qu’il n’a jamais remboursé. Il avait été poursuivi par la Cour suprême et placé sous contrôle judiciaire avant que la chambre d’accusation de cette même juridiction prononce le non-lieu deux semaines seulement avant sa nomination au poste de ministre de l’Industrie, en septembre 2014.

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