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El Ouahrania, la pionnière La dame de terre et de fer

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Rien ne prédestinait Boudia Houria, dite Sabrina, une Oranaise pur sucre, à devenir un jour une solide paysanne aux mains calleuses qui se lève au chant du coq pour élever chèvres et moutons et cultiver dattes et tomates.
Jeune fille dans la vingtaine, elle avait quitté le cocon familial au début des années 1980 et avait pris la destination de Biskra avec, dans ses bagages, un projet de hammam. Et plutôt que d’investir son argent dans les eaux ferrugineuses qui font la réputation du pays, elle achète pour 26 millions de centimes 16 hectares de terre inculte qu’elle se met aussitôt à défoncer au bulldozer.

Pourtant, elle ne connaissait absolument rien à l’agriculture, elle n’avait même jamais vu une vache ou une chèvre de près et les seuls poulets qu’elle connaissait venaient de la boucherie de son quartier. Sur le domaine, il y a un forage à l’arrêt qu’elle remet aussitôt en marche. Dans la foulée, elle plante 400 palmiers, cultive des fèves et sème de l’orge et du blé à pleines poignées. La machine est lancée.
Voir une femme concurrencer les hommes dans un domaine qui a toujours été leur chasse gardée n’était pas commun à cette époque où très peu d’hommes étaient venus défricher à Biskra.

Aujourd’hui, 30 ans après le début de son aventure, El Ouahrania, comme on l’appelle ici, garde la même pêche et la même énergie. Elle possède 600 palmiers, 100 oliviers, une trentaine de chèvres et de moutons, quelques serres pour les légumes et le reste des terres est consacré à la céréaliculture. Elle se lève chaque jour aux aurores et, jusqu’à la nuit tombée, elle se consacre aux nombreuses tâches de sa ferme avec son fils aîné.

Même en été, lorsque sa famille fuit la fournaise du Sud pour l’air clément du bord de la mer, Sabrina est fidèle au poste, comme un capitaine qui ne doit jamais quitter son navire. Son seul problème, comme tous les agriculteurs que nous avons rencontrés à Biskra, est le manque de main-d’œuvre. « Il n’y a pas de chômage à Biskra. Grâce au CNAC et à l’Ansej, tout le monde est devenu patron…», dit-elle avec une amertume. Sur ce plan-là, Sabrina en a gros sur le cœur.  » Il y a beaucoup de ‘ben-âamisme’, du piston et de la corruption dans ce domaine. Il y a des gens qui n’ont jamais fait d’agriculture et qui ont pris des milliards. Il n’y a pas de contrôle de l’Etat.

Des jeunes ont pris des serres et des crédits pour s’acheter des voitures et se pavaner avec», dit avec ce franc parler qui la caractérise cette femme de poigne.

Et si c’était à refaire ? Sans hésiter, notre paysanne répond : « Je recommencerais car je travaille par passion et non pour l’argent. Des gens sont venus ici les mains vides et ont réussi. Aujourd’hui, ils sont patrons et possèdent des dizaines de serres.» « Il n’y a que le travail qui paie», dit-elle en conclusion. Lire la suite

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