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Et maintenant ?

Publié le 07/02/2016, par dans Non classé.

Le président Bouteflika aura, dès aujourd’hui, sa troisième Constitution en seize ans. Son nouveau projet de révision de la loi fondamentale du pays sera adopté, sans surprise, par les deux Chambres du Parlement convoquées en congrès à cet effet.
Et la défection des élus des principaux partis de l’opposition, qui ont opté pour le boycott de cette session extraordinaire du Parlement, ne pèsera pas lourd sur l’issue du vote. En effet, sur les 606 parlementaires (462 députés et 144 sénateurs), seulement une centaine ne cautionnera pas cette démarche.

Les promoteurs de ce projet sont déjà certains d’avoir largement les trois quarts des voix nécessaires pour avaliser et promulguer la nouvelle Constitution. Sur le plan arithmétique, les voix de la majorité (FLN-RND) suffisent pour faire passer ce texte.

De plus, le pouvoir dispose aussi d’un petit réservoir de voix constitué des députés du MPA, de TAJ et des indépendants, pour réaliser le « raz-de-marée» voulu pour ce nouveau passage en force. Ainsi, les 454 voix (trois quarts des membres du Parlement) seront largement obtenues.

Mais cet unanimisme est-il valable sur le plan politique ? Pas du tout. La révision de la Constitution, voulue « consensuelle» par le chef de l’Etat, traînera, tel un boulet, le poids lourd du rejet dont elle fait l’objet de la part de l’écrasante majorité des partis de l’opposition.

Au moins une quarantaine de partis — ceux qui siègent à l’APN et ceux regroupés dans l’Instance de suivi et de coordination de l’opposition (ISCO) — rejettent globalement et dans le détail le contenu du projet ainsi que la méthode choisie pour son élaboration et son adoption.Pour eux, ce projet qui engage l’avenir du pays n’est pas le fruit d’un large débat ni d’un consensus au sein de la société.

De plus, les révisions itératives de la Constitution sous l’ère Bouteflika ne répondent, selon eux, à aucun impératif d’améliorer le fonctionnement de l’Etat, de consacrer la séparation des pouvoirs et de sortir le pays de l’engrenage de l’autoritarisme dans lequel il a été installé dès l’indépendance.

Gain arithmétique et illégitimité politique

Ces partis rappellent, pour conforter leur position, le triste scénario du viol de la Constitution en 2008 pour faire sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. Et cela, pour permettre à l’actuel chef de l’Etat de rester encore au pouvoir.

Le rétropédalage et le retour à la limitation des mandats qui avait été consacrée par la Constitution de 1996 n’est, pour l’opposition et les observateurs de la scène nationale, qu’un subterfuge visant à donner au régime une autre image en le montrant « soucieux de l’alternance au pouvoir».

Ce projet est également rejeté par de nombreux universitaires, juristes et intellectuels. Ces derniers aussi mettent en cause la sincérité du régime, qui n’hésite pas à changer la Constitution sans pour autant accepter de changer lui-même.

Les slogans de « renouveau» et d' »Etat civil» sont, selon eux, vides de sens à partir du moment où les tenants du pouvoir évacuent du débat « l’instauration de l’Etat de droit et de l’Etat démocratique».

Même au sein de la famille politique du pouvoir, certaines dispositions de ce texte suscitent des critiques. L’article 51 concernant l’exclusion des détenteurs de la double nationalité de l’accès aux hautes fonctions de l’Etat a provoqué la colère même du FLN, dont les responsables organisent, depuis quelques jours, la contestation des organisations représentant la communauté algérienne en France. Cette réalité ne fera qu’affaiblir davantage la position du pouvoir.

Que faire maintenant ? Le pouvoir va-t-il organiser de nouvelles joutes électorales pour réduire l’ampleur de la contestation à laquelle il fait face ? Ira-t-il jusqu’à dissoudre l’APN dans laquelle il détient la majorité ? Le gouvernement déposera-t-il sa démission ? Les réponses seront connues après l’adoption de la nouvelle Constitution… Lire la suite

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