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Handicapé Oui, mais...

Publié le 06/04/2018, par dans Non classé.

Sourds-muets, handicapés moteurs, aveugles… de naissance ou par accident, nombreuses sont les personnes en situation de handicap qui refusent de baisser les bras et choisissent d’étudier, occuper des postes, activer dans des mouvements associatifs et aller de l’avant. El Watan Week-end a rencontré Yazid, Zakia et Ayoub. Témoignages.
– Yazid Aït Hamadouche : Mon choix c’est d’être visible, être heureux et me battre aussi pour les autres

Il est journaliste à la Radio nationale Chaîne 3. Il a réalisé plus de 40 clips. Il est actif dans le mouvement associatif pour défendre plus d’une cause. Il est détenteur de plusieurs prix nationaux et internationaux pour son travail et ses actions. Il s’appelle Yazid Aït Hammadouche, jeune homme de 37 ans, ingénieur d’Etat en informatique, handicapé moteur.

Cela est intervenu il y a plusieurs années, suite à une complication de rougeole qu’il a eue à l’âge de huit ans. Depuis, le combat de Yazid a commencé afin de s’imposer dans la société et prouver ses capacités. Premier pas : la scolarisation. « Ma scolarisation n’a pas été très facile. Mes parents ont dû beaucoup se battre pour que je sois accepté dans une école normale.»

Une fois à l’école, tout s’est bien passé pour Yazid qui a toujours été premier de la classe. « J’ai eu par contre la chance d’avoir un chef d’établissement compréhensif. Il faisait, par exemple, en sorte que ma classe soit toujours placée au rez-de-chaussée. Et puis j’étais un bon élève, je forçais en quelque sorte le respect des enseignants.» Yazid a eu son bac avec mention et rejoint aussitôt l’Ecole supérieure d’informatique (ESI) de Oued Semmar. Une école des plus difficiles sur le territoire national.

Impatient de découvrir le domaine de sa première passion, la radio, il a commencé à exercer à la Radio Chaîne 3 avant même de finir ses études. Une fois son diplôme en poche, en 2005, Yazid a tout de suite été recruté. « J’ai été recruté au moment où l’établissement national est passé de l’analogique au numérique. Comme j’étais avancé dans le domaine de l’informatique, j’ai pu très vite me démarquer et me faire une place parmi mes collègues.» Aujourd’hui, il est animateur et chef de département.

Un an et demi après avoir rejoint la radio, le jeune journaliste remporte son premier prix international. En 2012, parmi les candidats de 45 pays, Yazid obtient le premier prix de l’Union des radios et des télévisions internationales. Mais pour arriver à ce stade, il lui a fallu beaucoup de courage, de volonté et d’efforts. « Quand on est sur un fauteuil ou dans une situation de handicap, il est clair qu’il faut qu’on fasse nos preuves. Il faut qu’on travaille plus, qu’on redouble d’efforts pour se faire une place dans le monde du travail et parmi ses collègues.»

A travers son émission, il a permis à beaucoup de jeunes talents d’être découverts, tels que Nassim El Bey, le groupe Babylone ou encore Freeklane. Il s’est aussi investi dans la lutte contre le sida et l’opération Yed Fel Yed, qui a lieu le 1er décembre de chaque année depuis huit ans. Par ailleurs, via une autre émission consacrée aux personnes à mobilité réduite, le journaliste travaille à changer la vision qu’ont les gens des handicapés, dénoncer certaines aberrations, comme la scolarité, la méconnaissance de certaines pathologies : la trisomie, l’autisme…

En dehors de la radio, le jeune est très actif dans le mouvement associatif, notamment avec la Fédération algérienne des personnes aux besoins spécifiques. Et pas que ! Parmi les passions de Yazid Aït Hamadouche : la réalisation de vidéo-clips. « Beaucoup de jeunes ont du potentiel, du talent, mais n’ont pas beaucoup de moyens pour faire de beaux clips. Je les aide à avoir un support visuel pour se faire connaître et développer leur carrière.» Tout au long de son parcours, Yazid a toujours été quelqu’un de bosseur.

Et s’il travaille plus que les autres, c’est pour prouver qu’il est « aussi capable de faire beaucoup de choses malgré le handicap». Une devise qu’il aimerait voir adoptée par toutes les personnes en situation de handicap. Car, selon lui, même s’il ne l’accepte pas, il peut comprendre que certaines personnes aux besoins spécifiques se renferment et ne vont pas de l’avant. « Quand une personne est livrée à un problème, elle n’a que deux choix : abandonner, laisser tomber, et se replier sur elle-même ou au contraire, se battre, se dépasser et être heureuse malgré tout.

Et cela est regrettable parce si nous avons des problèmes dans notre pays, liés à l’accessibilité, à l’oubli c’est parce que nous ne sommes pas visibles dans la société et qu’on ne nous voit pas tout le temps.» Le parcours de Yazid ne s’arrête évidemment pas ici. Prochaine station : le cinéma.

– Zakia Tizigdal : Je partage ma vie entre les études et l’hôpital

Elle a 27 ans et elle prépare son master 2 en communication institutionnelle, à l’Ecole supérieure des sciences de l’information et de la communication. Fille de Aïn Benian, la vie de Zakia a, depuis ses 12 ans, été partagée entre les études, auxquelles elle ne veut en aucun cas renoncer, et les hospitalisations qui s’imposent de temps à autres.

Chose qui ne lui a malheureusement pas permis d’activer dans le domaine du travail ou le milieu associatif. Plus encore, souvent chamboulée par les complications de son état de santé, la jeune fille a pris pas mal de retard dans son cursus par rapport aux jeunes de son âge. D’ailleurs, elle devait passer son master l’année passée et non pas cette année.

Si elle a pris cette année de retard, c’est parce qu’elle a bloqué ses études à cause de problèmes avec les broches et les fixateurs de son dos, suite à une grosse perte de poids. Retour en arrière : entre les études et les différents sports qu’elle exerçait, Zakia a eu une enfance très active. Mais un jour de mai 2004, tout a basculé pour elle… « Je me rappelle, c’était le jour de la remise des bulletins. J’avais 12 ans et je venais juste de finir ma première année au CEM.

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