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La vérité qui met à mal et le désir du suspense

Publié le 02/04/2018, par dans Non classé.

La thèse du général François Buchwalter, attaché de défense à l’ambassade de France à Alger entre 1995 et 1998, et selon laquelle les moines de Tibhirine n’ont pas été exécutés par le Groupe islamique armé (GIA), mais ont été victimes d’une bavure de l’armée algérienne, n’est plus de mise.
La version de cet ancien officier de la Direction générale de la surveillance extérieure (DGSE, le contre-espionnage français), qui faisait état de confidences d’un Algérien dont le frère était officier de l’ANP qui lui aurait rapporté que ce sont « des militaires algériens qui ont tiré, à partir d’un hélicoptère, sur un bivouac qu’ils découvriront par la suite être celui des moines», a été tout simplement battue en brèche par un rapport d’experts remis à la justice française le 23 février dernier.

Les conclusions des enquêteurs français affirment, et définitivement, qu’il n’y a aucune trace de balle sur les têtes des moines. Même si l’avocat des familles des victimes, Patrick Baudouin, veut prolonger le suspense en déclarant à la presse que le rapport en question « n’apporte pas la démonstration d’une vérité absolue mais il en résulte quand même des pistes concordantes qui mettent en doute la version officielle», les faits sont là.

L’hypothèse de la bavure de l’armée algérienne est définitivement écartée tant l’élément principal du dossier, les confidences de l’ancien officier de la DGSE, sur lequel la justice française a construit le dossier des moines de Tibhirine, a volé en éclats suite à la dernière expertise.

C’est vrai que cela n’est pas une nouveauté, parce qu’en 2014 déjà, quand les autorités algériennes avaient autorisé l’exhumation des têtes des religieux assassinés en 1996, l’avocat des familles des victimes, maître Baudouin, incurable partisan du « qui-tue-qui ?» en Algérie, soutenait lui-même que la thèse développée et défendue par Buchwalter et sur laquelle reposait toute la suspicion sur l’assassinat des moines trappistes, était frappée de fragilité, selon les premiers constats, mais les conclusions auxquelles ont abouti les experts français valent leur pesant d’or. Il y a désormais confirmation qu’il n’y a jamais eu de bavure militaire.

L’expertise de 185 pages révélée par France Info et remise à la justice française, il y a plus d’un mois, vient de le souligner. Pas seulement.

Elle ne laisse aucun doute que les moines de Tibhirine n’ont pas été victimes de tir de balles à partir d’un hélicoptère comme le prétendait l’ancien officier de la DGSE.

Le dossier de l’assassinat des moines de Tibhirine, qui a été instrumentalisé, manipulé et a surtout empoisonné les relations entre Alger et Paris depuis 2003, s’avérant terriblement vide, va-t-il enfin être classé ? La justice française est désormais en possession de preuves de la non-implication de l’armée algérienne dans l’assassinat des sept religieux.

Une thèse soutenue depuis longtemps par Alain Juppé et Hubert Védrine, qui étaient, à l’époque des faits, respectivement Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Ils s’étaient inscrits en porte-à-faux avec la version de Buchwalter.

Des milieux en France, qui refusent de voir la vérité consignée dans le rapport des experts et dont la recherche de la polémique n’a été atténuée ni par les conclusions de l’expertise ni par la décision prise par l’ancien président Nicolas Sarkozy de lever le secret-défense, ne veulent pas se savoir vaincus.
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