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Le ksar d'Ouargla, un patrimoine en quête d'un surcroit d'efforts de préservation

Publié le 18/04/2018, par dans Non classé.
Le ksar d'Ouargla, un patrimoine en quête d'un surcroit d'efforts de préservation

OUARGLA – Le vieux ksar d’Ouargla a enregistré, dans le cadre de la prise en charge des préoccupations de ses occupants, le lancement d’une série d’opérations visant sa promotion urbanistique et fonctionnelle, dont la rénovation des réseaux divers (eau potable, assainissement, réseau d’électricité et éclairage public).

Ces actions ont été confortées également par des opérations de restauration de nombreuses mosquées du ksar, ses zaouïas, ses placettes, ses sept portières, ses remparts, en plus de la réhabilitation de la place des martyrs.

Mustapha Hafsi, un archéologue et architecte de l’université de Biskra, habilité par le ministère de la Culture, dans le cadre du mois du patrimoine (18 avril -18 mai), a indiqué que le vieux ksar d’Ouargla, se dressant encore, depuis plus de six siècles, avec des caractéristiques architecturales ingénieuses et témoignant d’une histoire et d’une culture anciennes, demeure en quête davantage d’efforts de préservation.

Tirant la sonnette d’alarme sur l’état dont se trouve ce site archéologique, l’intervenant, qui est aussi membre de l’association « Culture et Réforme » d’Ouargla, a estimé que ce chef-d’œuvre de l’homme est menacé aujourd’hui du fait de son état de dégradation avancé, ces dernières années, suite aux interventions non-étudiées.

Il est suggéré, pour cela, l’adoption de l’expérience de la casbah d’Alger, à travers la mise en place à l’intérieur du ksar d’une instance chargée de tous les volets administratifs, d’aplanir les contraintes bureaucratiques et de défendre ce site archéologique qui reflète la longue et authentique histoire de la population locale.

La recherche d’artisans, leur qualification et accompagnement, l’examen des mécanismes susceptibles de préserver ce ksar, avec l’implication aussi bien des citoyens que des autorités locales, ainsi que l’ancrage de la culture de sa préservation et la participation à sa valorisation, la vulgarisation de son identité, sont entre-autres suggestions avancées par l’académicien.

Plan permanent de préservation et réhabilitation du secteur sauvegardé

Des archéologues de la wilaya d’Ouargla ont, dans ce cadre, réitéré leur appel à la mise en œuvre du plan permanent de sauvegarde et de valorisation des secteurs sauvegardés, notamment les ksour d’Ouargla et Témacine, en tant que mécanisme de protection des sites archéologiques de la région.

Ouarda Khelfaoui, architecte et cadre à la direction de la Culture d’Ouargla, a préconisé, pour palier aux interventions démesurées et à la dégradation du site, une intervention « urgente » visant la protection des pans culturels des sites archéologiques, notamment ceux des ksour d’Ouargla et Témacine.

L’opération prévoit l’élaboration d’une stratégie globale pour la préservation et la restauration de ces biens cultuels de l’ancienne ville d’Ouargla, témoignant de la longue histoire de la région, de l’authenticité des us et coutumes de sa population, et leur intégration dans les actions de développement socioculturelles, économiques et touristiques de la région.

Elle nécessite également, a-t-elle expliqué, le changement des mentalités, le citoyen étant le premier intervenant censé protéger ces biens, en coordination avec les autres acteurs (autorités locales et associations), avant de mettre l’accent sur la nécessaire dynamisation de la police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement pour dissuader les dépassements et agressions que subissent les sites culturels, sachant que la plupart des bâtisses du vieux ksar d’Ouargla ont subi ce genre d’agressions.

Les nombreuses actions de protection menées par les parties concernées, suite à la signalisation d’atteintes à certains sites et patrimoine, ont été couronnées par le sauvetage et la préservation de la mosquée de Béni-Djellab dans le vieux Ksar de Mestaoua (Touggourt) et la cité antique de Sedrata (Ouargla).

Seize (16) ksour sahariens disséminés à travers le territoire de la wilaya d’Ouargla ont été proposés sur la liste supplémentaire de 2009 portant classement des biens culturels de la wilaya en tant que sites archéologiques et historiques nationaux, a fait savoir Mme Khelfaoui.

De grande valeur historique et civilisationnelle, ces ksour, dont l’édification à travers les régions d’Oued-M’ya et Oued-Righ remonte à des ères diverses, sont disséminés sur le territoire des daïras d’Ouargla, Touggourt, Témacine, El-Hedjira, N’goussa, Mégarine et Sidi-Khouiled.

Par souci de mener à bien les diverses opérations de préservation des sites archéologiques, les intervenants ont appelé à l’implication des architectes, l’organisation de rencontres et conférences pour sensibiliser sur l’importance du patrimoine matériel les mécanismes et modalités de sa sauvegarde, ainsi que les moyens de sensibilisation des occupants des ksour sur l’importance culturelle et historique qu’incarnent ces pans de l’histoire de la région.

Bonne gouvernance pour la pérennité et la préservation du secteur sauvegardé

Ainsi, de l’avis d’archéologues, la préservation du secteur sauvegardé requiert, pour sa gestion et valorisation, l’adoption d’une approche de « bonne gouvernance » dans le but d’assurer sa pérennité et sa protection des facteurs susceptibles d’influer négativement sur ses dimensions civilisationnelle, architecturale et patrimoniale.

Composé notamment d’espaces immobiliers, urbains et ruraux, dont des Casbahs, cités, ksour et bâtisses traditionnelles, laissant transparaitre un génie architectural et artistique méritant d’être soigneusement réhabilité et valorisé, le secteur sauvegardé s’est vu, par souci d’assurer sa prise en charge et préservation, accorder une batterie de mesures par le ministère de tutelle, a encore expliqué l’archéologue Mustapha Hafsi.

Ce dernier a relevé que ces actions consistent, entre-autres, en la programmation de sessions de formation au profit des architectes, l’élaboration de textes réglementaires et l’organisation d’ateliers chargés de la concrétisation de ces objectifs.

L’expert a expliqué, en outre, que « la bonne gouvernance » signifie, dans ce cadre, la bonne gestion et valorisation des plans et schémas susceptibles de contribuer à la conservation du patrimoine matériel dans ses différentes dimensions : juridique, administrative et culturelle, et requérant l’implication de toutes les parties, responsables, acteurs associatifs et citoyens.

« L’adoption de cette approche participative est nécessaire pour la préservation du patrimoine culturel matériel, faute de quoi ce legs serait menacé de disparition graduelle ».

Pour M. Hafsi, cette approche est « salvatrice », car elle apporte des solutions adéquates aux problèmes professionnels, financiers et artisanaux, soulevés en matière de protection des sites archéologiques classées sur la liste du patrimoine sauvegardé national.

Estimant également que les expertises professionnelles et les métiers traditionnels doivent s’imbriquer concernant les efforts de la préservation, il a, cependant, relevé que le manque de la main-d’œuvre qualifiée entrave ce projet de préservation en Algérie.

L’architecte et cadre à la direction de la Culture Lire la suite

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