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Le poids du symbole

Publié le 09/02/2016, par dans Non classé.

Il ne fait pas bon être binational en France comme en Algérie.

En France les Algériens binationaux sont visés par le projet de révision de la constitution, relatif au terrorisme et à l’état d’urgence. Et ce, combien même, la mention de binationaux ait été retirée de l’article 2 du projet de révision de la constitution- qui prévoyait dans sa copie initiale la déchéance de la nationalité française pour les binationaux, même nés en France pour faits de terrorisme -, après une longue controverse qui a divisé la classe polirtique, à droite comme à gauche . En Algérie, ils sont exclus des hautes fonctions de l’Etat de par l’article 51.

De part et d’autre de la Méditerranée, les responsables politiques ont beau arguer qu’il s’agit de mesures à portée restreinte, les concernés vivent ces mesures comme une exclusion. Comme des amendements qui divisent, qui introduisent la suspicion, le soupçon et la méfiance.

L’Algéro-français ne vit -il pas, en effet, un double rejet, une double discrimination? C’est le sentiment d’un très grand nombre d’entre eux qui se sont exprimés à travers des pétitions et des rassemblements publics contre l’article 51 de la constitution algérienne qui les marginalise . La France les renvoie à leurs origines et à celles de leurs parents et l’Algérie les renvoie à leur passeport français. Le propre d’un Etat, quel qu’il soit n’est -il pas de rassembler ses enfants, tous ses enfants, quelle que soit leurs origines, leur double nationalité ?

La mononationalité est-elle un gage à la fidélité à un pays? De loyauté à une nation?

En France dans les années 80, au moment de la longue marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, on disait alors des « immigrés d’origine maghrébine » ou « beurs » qu’ils étaient « assis entre deux chaises », « partagés entre deux cultures ». Aujourd’hui ils sont des « Musulmans » suspects de sympathie potentielle envers l’extrêmisme islamique et le djihadisme ? Ils sont sommés de faire la preuve qu’ils sont de bons républicains. En Algérie ils sont des Algériens par intermittence, des Algériens au conditionnel.

Quelle est leur place? En France comme en Algérie? De quel pays sont-ils citoyens ? Rien que des citoyens?

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