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Les chercheurs appelés à se serrer la ceinture

Publié le 15/08/2016, par dans Non classé.

Confirmée par les uns et démentie par d’autres, l’éventuelle diminution du budget alloué par le ministère de l’Enseignement supérieur à la recherche scientifique est au cœur de l’actualité.
D’après les témoignages d’enseignants chercheurs, certains d’entre eux, intéressés par des bourses à l’étranger, ont été appelés à payer leur billet d’avion pour y aller. Ce qui, normalement, est pris en charge par l’Etat dans le cadre des différentes conventions signées avec les organismes accueillants à l’étranger. L’unique explication logique à ces nouvelles mesures serait la crise économique et financière qui frappe de plein fouet le pays.

Pour Abdelmalik Rahmani, coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur, cette mesure est logique non seulement pour des considérations économiques nationales, mais aussi pour régler bon nombre de dysfonctionnements dans ce système de bourses à l’étranger. « Certains enseignants, heureusement pas tous, témoignent leur intérêt pour la recherche scientifique, notamment à l’étranger, pour des motifs autres que d’être à jour avec les nouvelles avancées scientifiques. Sinon, comment expliquer le choix de certaines universités, qui ne sont pas loin du niveau des universités algériennes, comme destination pour de la recherche scientifique ? Le tourisme religieux, ou tourisme tout court, est souvent la principale cause de cet intérêt de certains enseignants. C’est la raison pour laquelle une telle rationalisation des dépenses dans ce créneau est la bienvenue.

C’est à la tutelle d’établir un listing des pays à hautes performances scientifiques afin d’ éviter de débourser des sommes colossales pour des participations à des séminaires et congrès à faible valeur scientifique», confie-t-il. Et de signaler qu’en dehors de cette mauvaise gestion de la part des dirigeants des établissements universitaires, les enseignants sont appelés à payer une partie du prix de leur billet d’avion.

« Ceci s’applique aux enseignants ayant choisi de participer à des congrès ou de postuler pour des bourses dans des pays lointains dont le prix du billet dépasse les capacités du budget alloué à cet effet. Mais ces cas restent très particuliers», explique-t-il. Pour notre interlocuteur, cette mesure vient en complément à l’évaluation des laboratoires de recherche où certains ont bénéficié de rallonges budgétaires et d’autres ont été complètement gelés. Mais même si cette mesure de rationalisation des dépenses, ajoute M. Rahmani, est bénéfique, elle n’est point la panacée aux maux de la recherche scientifique en Algérie pour y déceler toutes les failles budgétaires.

« Etant donné que ces lacunes dans le système des bourses de recherche à l’étranger impactent sur les vrais chercheurs, il est impératif d’avoir, à travers un bilan réel, une vision claire et transparente de l’argent déboursé dans ce volet», indique M. Rahmani, avant de suggérer une véritable mutualisation des moyens en favorisant la mobilité des enseignants et en mettant en place des laboratoires de recherche régionaux. Cela éviterait d’équiper plusieurs laboratoires dans des établissements limitrophes.

Contacté, un responsable au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dément toute ponction sur le budget alloué à la recherche, encore moins l’obligation faite aux chercheurs de payer leur billet d’avion. Selon notre source, l’Etat prend tout en charge. Signalons que dernièrement, le ministère de tutelle a pris des mesures pour lutter contre le plagiat et la fraude scientifiques. Parmi ces mesures, la mise en service de logiciel antiplagiat, l’établissement de bases de données numériques des publications scientifiques de chaque institution de l’enseignement supérieur.

Des mesures punitives à l’encontre de l’étudiant ou de l’enseignant fautifs sont citées dans un arrêté dévoilé récemment. Une limitation du nombre de thèses de mastère et de doctorat qu’un professeur peut encadrer et le respect de la spécialité dans l’encadrement sont également envisagés dans
ce sens. Lire la suite

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