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Les prisonniers algériens qui seront relâchés ont purgé leur peine depuis quatre mois

Publié le 22/04/2016, par dans Non classé.

– Aujourd’hui, quelle est exactement la situation des détenus algériens en Irak ?

La situation demeure grave puisque certains ont purgé leur peine mais sont toujours incarcérés, comme Badis Kamel Moussa, que je suis de très près. Certaines ONG sur place, qui travaillent pour les droits de l’homme, ont confirmé qu’il y avait des cas de torture et de violences physiques et psychologiques de la part de milices armées contres les détenus algériens.

Cela donne une idée de la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays. Par ailleurs, les familles des détenus souffrent énormément, la pression psychologique est à son comble, sans oublier toutes les dépenses qu’elles doivent gérer depuis des années entre frais d’avocats, appels téléphoniques à l’international, démarches administratives, etc.

Il y a exactement 17 détenus algériens dans les geôles irakiennes, sans oublier Abdallah Belhadi qui a été exécuté le 17 octobre 2012. Quatre détenus seront relâchés puisqu’ils ont purgé leur peine ett douze autres sont là-bas depuis plus de dix ans dans des conditions que l’on ne peut imaginer. D’après nos sources, les quatre prisonniers algériens que le gouvernement irakien va relâcher ont purgé leur peine depuis plus de quatre mois.

– Quelles difficultés avez-vous rencontré toutes ces années pour rassembler des preuves et vérifier vos informations ?

Dans un dossier aussi délicat, il faut travailler sérieusement à la vérification de chaque information. C’est un travail de longue haleine. D’abord, l’accès à l’information est quasi impossible ; le ministère des Affaires étrangères algérien a manqué d’informations à cause de la fermeture de l’ambassade d’Algérie en Irak depuis 2005. Aussi, nous avons eu des difficultés avec l’ambassade d’Irak à Alger. J’avoue que l’ex-ambassadeur irakien, Ouddai Kheirallah, me considérait comme son ennemi car je défendais les intérêts d’Algériens en Irak. En 2014 et 2015, j’ai fait plusieurs demandes de visa auxquelles aucune suite n’a été donnée. En outre, ils n’ont jamais fait l’effort de communiquer avec les familles des détenus.

– Pouvez-vous citer un exemple de ce manque de coopération ?

L’exemple le plus affligeant remonte à l’exécution de Abdallah Belhadi, 28 ans. Sa dépouille a été retenue plus d’un mois à l’hôpital de Baghdad. La raison ? Les frais de transport, estimés à 50 millions de centimes, n’étaient pas assurés ! Je ne règle pas mes comptes dans les médias, mon but est de plaider la cause des Algériens. ça dérange forcément des fonctionnaires de l’Etat.

– Pensez-vous que l’Etat algérien fasse des efforts pour régler cette affaire ?

Avant la création de notre coordination, le 18 avril 2015, le gouvernement refusait de fournir des informations sur les détenus algériens, il n’apportait pas non plus d’assistance. Le manque de transparence ne sauve pas les apparences. Je suis satisfait de savoir que ce dossier ne traîne plus dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères depuis 2008. Aujourd’hui, on parle de transfert et de libération, ça reste positif, même si on voudrait voir tous les dossiers réglés. Les détenus algériens, une fois qu’ils ont purgé leur peine, ne doivent pas rester en Irak.

– Combien la Coordination compte-t-elle de soutiens ?

La Coordination des familles de détenus algériens en Irak a été créée le 18 avril 2015. Au départ, j’étais seul avec les familles, aujourd’hui nous sommes 30 à militer, dont six avocats encadrés par maître Sedik Aboubakr Hilmi et 14 journalistes des médias arabophones et francophones. Je dois reconnaître que certains politiques ont essayé de faire de ce dossier un fonds de commerce, nous avons tout fait pour protéger les familles de ces usurpateurs.

Par ailleurs, d’autres personnalités nous soutiennent et portent notre message jusqu’à la Présidence, nous avons avancé aussi grâce à cela. Ce qui nous importe le plus est de défendre les intérêts des détenus et de leurs familles, qui se sont retrouvées avec le temps prisonnières, à leur tour, dans des batailles qui les dépassent entre vide juridique et politique étrangère…
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