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Samir Saadoudi : Les vignobles du Sud

Publié le 14/02/2016, par dans Non classé.

Sécateur à la main, Samir Saadoudi vient tout juste de finir une longue et dure journée passée à tailler son vignoble.
Des rangées bien alignées de pieds de vigne plantées dans une terre sablonneuse. Un vignoble dans le désert ? Oui, il faut le faire. « Ici, même quand tu plantes une pierre, elle pousse !» dit avec le sourire ce solide gaillard originaire de Chorfa n’Bahloul, dans la région d’Azazga, dont la famille s’est installée à Biskra il y a un quart de siècle.

De tous les pionniers venus s’installer à Biskra, la famille Saadoudi est sans doute l’un des plus beaux exemples de réussite. L’aventure a commencé en 1990 lorsque le papa, décédé en 2011, s’arrête un jour devant des très beaux cantaloups vendus sur le bord de la route d’Alger. « D’où viennent ces merveilles», demande-t-il au vendeur. « De Daoussen, à Biskra», lui répond-on.

Ce paysan qui avait l’habitude de louer la terre qu’il exploitait décide, après mûre réflexion, de tenter l’aventure au Sud. Il débarque à Biskra et achète des terrains nus pour les mettre en valeur. Le prix oscille entre 11 000 et 15 000 DA l’hectare. « Un fellah qui ne travaille pas lui-même sa propre terre n’est pas un fellah», dit-il à ses enfants. La famille travaille d’arrache-pied et produit en plein champ ou sous serre toutes sortes de légumes, dont certains n’avaient jamais été cultivés sous ces latitudes. La réussite est au bout de l’effort.

On décide de s’agrandir. Le papa achète une ferme du côté de Aïn Naga. On passe à la production de lait, de viande, de dattes puis, en 2003, on plante de la vigne.

Là, également, le résultat dépasse toutes les espérances. Originaire de Californie, la variété cardinal, qui est un cépage de table, donne des grappes de gros fruits délicieux d’une magnifique couleur noir bordeaux. C’est un ravissement pour les yeux et le palais. Aujourd’hui, sous la direction de Samir et son neveu, la famille exploite 55 hectares. Elle produit 1000 quintaux de dattes Deglet Nour et ses raisins sont très demandés sur le marché. Des Français sont même venus jusque-là et exprimé leur souhait d’exporter chez eux ces délicieux raisins.

Le bonheur ? Loin s’en faut. Les problèmes s’accumulent. Le plus crucial est le manque de main-d’œuvre. Il est très difficile de trouver des bras pour les mille et une tâches des travaux champêtres. Du coup, les vendanges, par exemple, deviennent une période de grande tension. Le dispositif d’aide Ansej a asséché le marché.

« Si on avait su qu’on en arriverait là un jour, on n’aurait pas tant investi», dit Samir avec amertume. En attendant, on fait travailler les Marocains et les Subsahariens. « Il faudrait que l’Etat pense à régulariser les travailleurs saisonniers marocains. Pour le moment, ils travaillent au noir avec toutes les tracasseries que la gendarmerie leur fait subir et ils sont obligés de sortir tous les trois mois pour renouveler leurs papiers», dit Samir. Lire la suite

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